La culture de la pratique bouddhiste au sein d’un centre tibétain au Québec

– Nancy Leclerc a soutenu sa thèse de doctorat en études québécoises-

Le blogue d’information En Tête de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) présente le résumé de thèse de doctorat études québécoises de Mme Nancy Leclerc, intitulée «La culture de la pratique bouddhiste au sein d’un centre tibétain au Québec».

Nancy Leclerc, étudiante en études québécoises.

Au Québec, 52 385 bouddhistes ont été répertoriés dans l’Enquête nationale sur les ménages de 2011; cela représente 0,7% de la population. En Occident, le bouddhisme, peu étudié à ce jour et encore moins au Québec, est pratiqué par deux groupes : les personnes d’origine asiatique et celles d’origine occidentale, et les recherches portent souvent exclusivement sur l’un ou l’autre de ces groupes.

Comme l’ont mis en évidence certains écrits, les premiers Occidentaux à s’intéresser au bouddhisme ont été les intellectuels, à la fin du XIXe siècle. Depuis environ trente ans, on assiste à une recrudescence importante des groupes et des centres bouddhistes. Les études sur le bouddhisme en Occident ont porté surtout sur les traits d’un bouddhisme occidental, sur les types de pratiquants et sur l’implantation et la réception du bouddhisme dans les pays d’accueil.

L’objectif de cette thèse est de comprendre la culture de la pratique du bouddhisme au Québec chez des pratiquants d’origine québécoise, vietnamienne et tibétaine à travers leur expérience de pratique dans un centre bouddhiste tibétain. Les dix participants à l’étude ont été invités à parler de leur pratique, des transformations personnelles induites par celle-ci, et à identifier les appartenances culturelles qu’ils se reconnaissent. À partir de leur discours, dans cette recherche qualitative, nous avons dégagé plusieurs thèmes significatifs, dont plusieurs facteurs liés à l’expérience et au contexte de la pratique bouddhiste. Nous avons pu dresser une séquence d’évènements qui révèlent la culture de la pratique et soulever des éléments qui témoignent de l’acculturation du bouddhisme dans le contexte du centre Manjushri : traduction des contenus, simplification des informations, réinterprétations des messages, tolérance devant les différences et intégration de pratiques ou de rites extérieurs.

Au terme de cette étude, comme piste à explorer, nous proposons que les chercheurs approfondissent leurs connaissances des groupes qui pratiquent le même bouddhisme ensemble afin de saisir les divers enjeux (religieux, interculturels, sociaux, individuels) auxquels ceux-ci sont confrontés et leur rapport à l’Autre.

De gauche à droite: Nancy Leclerc, étudiante, Lucia Ferretti (UQTR), Yvan Rousseau (UQTR), Mélanie Couture (CIUSSS Montréal) et Gilbert Leclerc (CSSS-Institut universitaire de gériatrie, Sherbrooke).

Thèse de doctorat en études québécoises soutenue le 9 décembre 2016

Membres du jury

Lucia Ferretti, Ph. D., directrice de recherche
Professeure, Département des sciences humaines
Université du Québec à Trois-Rivières

Yvan Rousseau, Ph. D., président du jury
Professeur, Département des sciences humaines
Université du Québec à Trois-Rivières

Mélanie Couture, Ph. D., évaluatrice externe
Chercheuse et coordonnatrice, CIUSSS Montréal

Gilbert Leclerc, Ph. D., évaluateur externe
Professeur retraité, chercheur associé
CSSS-Institut universitaire de gériatrie, Sherbrooke