L’UQTR reçoit une importante subvention pour la recherche sur le cancer de la vessie

Les professeurs Carlos Reyes-Moreno (Biologie médicale) et Gervais Bérubé (Chimie, biochimie et physique) de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) ont obtenu récemment une subvention de fonctionnement, d’un montant de 120000$ pour deux ans, en vue de développer un nouveau traitement contre le cancer de la vessie.

Les professeurs Carlos Reyes-Moreno (Biologie médicale) et Gervais Bérubé (Chimie, biochimie et physique).

La subvention est cofinancée par la Société de recherche sur le cancer (SRC) et l’Institut du cancer des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Les deux chercheurs pourront ainsi avancer leurs travaux sur l’inflammation associée au cancer et sur le développement d’une stratégie anti-inflammatoire contre le cancer de la vessie.

Le professeur Reyes-Moreno s’intéresse particulièrement à l’étude du rôle de cellules (leucocytes) et molécules de signalisation (cytokines) inflammatoires dans le microenvironnement tumoral; à cet égard, de multiples études suggèrent que les épisodes pathologiques d’inflammation seraient associés avec la naissance des tumeurs hautement invasives et mortelles. Ce serait le cas notamment lors du développement et des récidives du cancer de la vessie.

Ainsi, une nouvelle classe de molécules thérapeutiques, dérivés de l’acide para-aminobenzoïque (PABA), a été développée en étroite collaboration avec l’équipe de recherche du professeur Gervais Bérubé, afin de proposer une stratégie anti-inflammatoire visant à diminuer l’inflammation associée à la tumeur. En collaboration avec les chercheuses Ana Maria Eijan et Denise Belgorosky de l’Université de Buenos Aires, en Argentine, un modèle animal de cancer invasif de la vessie a été développé à l’UQTR pour une étude préliminaire de thérapie ciblée in vivo.

Ces études précliniques suggèrent que ces petites molécules, utilisées seules, ont la capacité d’affecter le développement tumoral par l’inhibition de la croissance des tumeurs hautement invasives et la formation des métastases pulmonaires, sans présenter aucune toxicité sur les souris portant la tumeur.

Selon le professeur Bérubé, un expert en design de composés anti-cancéreux pour le ciblage thérapeutique de divers cancers, «ce type de petites molécules suscite beaucoup d’intérêt dans l’industrie pharmaceutique et beaucoup d’espoir chez les patients souffrant de cancer. Pour l’instant, la propriété intellectuelle de ces composés est protégée par une demande de brevet international, qui a été déposé au printemps 2017. Même si certaines compagnies pharmaceutiques ont montré de l’intérêt à nous aider pour confirmer le potentiel thérapeutique de ces composés, il faut, comme tous les autres médicaments, franchir plusieurs étapes avant de les retrouver dans le cabinet des oncologues».

Le financement obtenu servira donc, avant tout, à évaluer leur potentiel anti-cancéreux et anti-métastatique dans différents modèles précliniques du cancer de la vessie, ainsi qu’à étudier leurs effets à long terme dans un modèle murin des tumeurs primaires de la vessie. Ces études permettront d’effectuer la démonstration convaincante du principe préclinique de ces composés dans l’éradication des tumeurs chez les patients résistants aux traitements actuels ainsi que de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques quant aux interactions leucocytes/cellules tumorales.

Les professeurs Bérubé et Reyes-Moreno tiennent à remercier les autres collaborateurs qui ont rendu possible l’obtention de la subvention, notamment le Dr Djamel Ramla, professeur au Département de chiropratique de l’UQTR et les docteurs Robert Perron et Christian Carrier du Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières.