L’entrepreneuriat émergent toujours en forte croissance

L’intention d’entreprendre est à la hausse, tout comme la capacité des Québécois à identifier des occasions d’affaires dans leur région. Qui plus est, les entrepreneurs émergents sont en forte croissance, surtout chez les 25 à 34 ans, selon les résultats du rapport sur la situation de l’activité entrepreneuriale au Québec, tirés de l’enquête 2016 du Global Entrepreneurship Monitor (GEM). Les faits saillants de cette étude ont été dévoilés aujourd’hui, à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), par Étienne St-Jean et Marc Duhamel, professeurs à l’École de gestion de l’UQTR et chercheurs à l’Institut de recherche sur les PME.

Marc Duhamel et Étienne St-Jean, professeurs à l’École de gestion de l’UQTR, en compagnie de François Labelle, directeur de l’Institut de recherche sur les PME.

« Les citoyens qui avaient l’intention de démarrer en 2014 et qui ont amorcé des démarches en 2015 semblent avoir concrétisé celles-ci en entreprise opérationnelle. En effet, le nombre de nouveaux entrepreneurs atteint un sommet des quatre dernières années à 6,5 %, tout comme l’ensemble des entrepreneurs émergents (14,9 %), situant le Québec au 3e rang des économies comparables », indique Étienne St-Jean, professeur en management des PME.

Attitudes positives à l’égard de l’entrepreneuriat

« Le Québec demeure le territoire où la carrière entrepreneuriale est la plus valorisée parmi les économies tirées par l’innovation. Le sentiment de compétence perçu progresse depuis 2013 et la capacité des citoyens à identifier des occasions a connu un bond important en 2016, situant le Québec au 2e rang des économies comparables. Dans la même lignée, les intentions entrepreneuriales se situent maintenant à 18,2 %, ce qui constitue une progression depuis l’an dernier », poursuit le professeur St‑Jean.

Les résultats de l’étude démontrent également que les entrepreneurs émergents québécois, orientés vers l’international, sont parmi les plus innovateurs et les plus ambitieux pour la croissance de leur entreprise. À ce chapitre, ils sont en avance sur le reste du Canada pour la majorité des indicateurs.

« En contrepartie, leur entreprise évolue dans un secteur de faible technologie. À cet égard, le Québec se situe dans le peloton de queue des économies comparables, laissant présager du travail à accomplir à ce niveau », note Marc Duhamel, professeur au Département de finance et économique.

Rediffusion de la présentation du rapport GEM

Autres faits saillants

  • Le repreneuriat est particulièrement fécond au Québec.

En effet, au sein des économies développées, le Québec est l’endroit dans le monde où les entreprises survivent le plus au départ de leur fondateur. La forte progression du Québec à cet égard laisse à penser que les récents efforts pour soutenir les transferts d’entreprises, comme la création du Centre de transfert d’entreprise du Québec en 2015 par le ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations (MEIE), produisent les résultats escomptés.

  • L’entrepreneuriat féminin demeure moins marqué que celui des hommes.

Alors que l’activité entrepreneuriale émergente des hommes place le Québec au 2e rang (16,5 %) derrière le reste du Canada de toutes les économies comparables, celle des femmes se place au 5e rang (9,4 %), alors que le reste du Canada occupe le 1er rang.

  • L’entrepreneuriat jeunesse toujours dynamique

Les jeunes du Québec ont une forte propension à démarrer une entreprise. D’ailleurs, comparativement au reste du Canada et aux autres économies comparables, ils sont plus enclins à passer à l’action!

  • L’entrepreneuriat senior en retard, comparativement aux autres économies

L’activité entrepreneuriale émergente (compilation 2014-2016) des seniors (personnes entre 55-64 ans) demeure l’une des plus faible des économies comparables, plaçant le Québec au 10e rang alors, que le reste du Canada figure en tête de liste.

L’enquête du GEM

L’enquête du GEM constitue la plus grande étude comparative portant sur le dynamisme entrepreneurial dans le monde. Jusqu’à aujourd’hui, près d’une centaine d’équipes nationales se sont investies à mesurer l’activité entrepreneuriale aux quatre coins du globe. Depuis 2013, le volet québécois de cette enquête est présenté par des chercheurs de l’UQTR à l’INRPME.

Le rapport sur la Situation de l’activité entrepreneuriale québécoise (2016) a pu être produit grâce à la collaboration de l’équipe canadienne du GEM et au soutien financier du ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI) du Québec. Un total de 36 experts s’est aussi exprimé au sujet des conditions-cadres de l’entrepreneuriat au Québec.

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GEM infographique 2016