Le concept de « faculté » est sur toutes les lèvres depuis le début de la restructuration académique. Mais au fond, qu’est-ce qu’une faculté ? Que fait-elle au quotidien ?

Actuellement, on peut imager l’UQTR comme un vaste territoire académique où cohabitent 27 départements et 3 écoles, chacun avec ses expertises, ses programmes, ses équipes de recherche.
Chacune de ces unités communique directement avec une administration centrale composée notamment par deux vice-rectorats académiques et trois décanats qui, malgré toute la bonne volonté, ont une capacité d’écoute et d’accompagnement stratégique atteignant ses limites. À cela s’ajoute une panoplie de services administratifs dispersés et bien souvent éloignés de la réalité académique, avec une capacité d’action et d’adaptation qui ne reflète pas toujours l’agilité nécessaire pour appuyer les disciplines face aux défis universitaires contemporains (adaptation de la formation, affaires professorales, communications, financement de la recherche, etc.).
La faculté viendra changer cette dynamique. Mais attention à la perception qu’on peut s’en faire : une faculté n’est pas un étage administratif de plus qu’on insère entre les départements et la direction. C’est un lieu de convergence où les disciplines apparentées, bien qu’elles continuent de prendre des décisions pour elles-mêmes, vont se rencontrer, se coordonner et gagner une voix collective plus forte. La faculté agit comme interface entre les unités académiques qui la composent (départements, cliniques, unités de recherche), la haute direction et les services administratifs de l’Université.
En d’autres mots, plutôt que chaque département porte ses dossiers vers le sommet, ils les portent vers la faculté, où un certain nombre de décisions se prennent. Lorsque nécessaire, le doyen qui connaît les réalités de son secteur a le poids institutionnel pour les faire avancer au sein de l’organisation.
Développer, coordonner et représenter
Le mandat fonctionnel d’une faculté peut se résumer en trois verbes : développer, coordonner et représenter.
Développer : la faculté veille au développement stratégique des disciplines, soutient la recherche et la création, et appuie les initiatives disciplinaires qui permettent à son secteur d’évoluer.
Coordonner : la faculté soutient les départements, entre autres, quant à la gestion des affaires professorales, aux maillages interdisciplinaires, à la répartition équitable des ressources et à la priorisation des besoins. Elle offre aussi un accompagnement de proximité aux étudiants qui en ont besoin à travers leur cheminement universitaire.
Représenter : la faculté porte la voix des départements qui la composent dans les lieux de concertation institutionnels, et représente l’UQTR auprès des organismes externes liés à son secteur. Elle soutient l’influence de ses membres académiques dans la société à travers leurs activités d’études, de recherche et création, et de service à la collectivité.
Des rôles bien définis
Chaque faculté de l’UQTR s’appuiera sur une équipe de direction dont les rôles sont complémentaires.
La doyenne ou le doyen est une personne ayant une carrière académique liée aux champs disciplinaires de la faculté, provenant de l’interne (dans ce cas, elle est détachée temporairement de son département) ou de l’externe, qui en prend le gouvernail pour la durée d’un mandat de cinq ans, renouvelable. Cette personne assure la gestion de la faculté, porte la vision académique de son secteur, préside le conseil de faculté, et fait le pont entre la réalité du terrain et les orientations institutionnelles.
La vice-doyenne ou le vice-doyen seconde la doyenne ou le doyen dans la gestion académique et prend en charge les secteurs qui lui sont délégués, par exemple les études ou la recherche, selon les besoins de la faculté.
La direction administrative veille au bon fonctionnement quotidien de la faculté : budgets, ressources matérielles, soutien administratif, coordination avec les services centraux. Elle libère ainsi l’équipe académique des tâches opérationnelles, sans toutefois jouer de rôle décisionnel sur les questions d’études, de recherche ou d’affaires professorales, qui demeurent du ressort académique.
Les directions départementales demeurent au cœur du modèle. Elles continuent d’assurer la gestion courante de leur département et représentent leur assemblée départementale en participant activement à la gestion académique de la faculté par l’entremise des instances de concertation. (Nous y reviendrons en détail dans le prochain article de notre série Fiche d’information facultaire.)
Un modèle adapté à notre réalité
Le modèle facultaire est le mode d’organisation le plus ancien et le plus répandu dans les universités à travers le monde. Au Québec, les universités de grande taille fonctionnent selon un modèle où les rôles sont répartis entre trois pôles : les départements, qui gèrent l’enseignement et la recherche au quotidien ; les facultés, qui coordonnent et développent leur secteur disciplinaire ; et l’administration centrale, qui se concentre sur les grandes orientations stratégiques et l’offre de services administratifs.
À travers l’ensemble de sa démarche de coconstruction et de consultation, l’UQTR a su développer sa propre perspective du modèle facultaire, en l’adaptant à sa taille, à sa culture de proximité et à ses valeurs humaines. Ainsi, les cinq facultés de l’UQTR s’appuieront sur un cadre commun de fonctionnement, garantissant la cohérence et l’équité entre les secteurs, tout en laissant à chacune la souplesse d’adapter ses pratiques en fonction de ses réalités propres.

