Revoir le modèle québécois d’intervention auprès des enfants victimes d’abus et de maltraitance

Près de 20 ans après la mise en place de l’Entente multisectorielle relative aux enfants victimes d’agression physique, d’agression sexuelle ou de négligence grave, le professeur Marc Alain analysera ses impacts grâce à une subvention de 380 000 $ provenant du programme Actions concertées du Fonds de recherche du Québec – Société et culture (FRQSC).

L’Entente multisectorielle relative aux enfants victimes d’abus sexuels, de mauvais traitements physiques ou d’une absence de soins menaçant leur santé physique (EM) a été instaurée en 2001.

Selon le professeur du Département de psychoéducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), l’adage voulant qu’il faille tout un village pour élever un enfant exprime l’importance de l’agir concerté des acteurs impliqués en soutien du développement des enfants, particulièrement lorsque ce développement est compromis. C’est d’ailleurs à ce titre que le Québec s’était doté de politiques, d’institutions et de partenariats susceptibles de transformer les principes de la concertation en modalités d’intervention concrètes et efficaces ces dernières années.

« Malheureusement, à l’instar de ce qui se fait ailleurs dans le monde, il arrive que le système québécois manque de souplesse et de capacité à moduler ses actions en fonction de contingences d’application. Au cours des 20 dernières années, nous avons pu constater à quel point de grandes avancées, mais également parfois des épisodes de surplace et de recul, marquent les initiatives mises en place », explique Marc Alain.

Améliorer la communication et la concertation

Adoptée officiellement en 2001, l’Entente multisectorielle relative aux enfants victimes d’abus sexuels, de mauvais traitements physiques ou d’une absence de soins menaçant leur santé physique (EM) a fait l’objet, en 2007, d’une première évaluation qualitative montrant certaines défaillances. Par exemple, si les mécanismes de concertation prévus pour la collaboration entre la Protection de la jeunesse et la police en début de signalement s’appliquaient relativement bien, la concertation et la communication s’étiolent assez rapidement par la suite. De plus, l’implication des autres partenaires durant le cheminement des dossiers semblait se faire de manière assez variable, selon les différentes régions et selon l’identité des acteurs concernés. Finalement, si à ses débuts l’EM avait pu faire l’objet d’une formation générale pour l’ensemble des acteurs impliqués, l’étude de 2007 montrait qu’au cours des années suivantes, ces formations n’ont été que partiellement organisées et dispensées.

« Nous voulons connaître les solutions originales que certaines régions ont réussi à implanter pour faire face à ces défis. Le but est de déterminer les meilleures stratégies de transfert des connaissances qui permettront l’implication et la collaboration de l’ensemble des partenaires », souligne le professeur.

Durant ses travaux, M. Alain pourra compter sur la collaboration de ses partenaires des centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale et de Montréal, en plus de ses collègues chercheurs de l’Université du Québec en Outaouais, de l’Université McGill et de l’Université de Montréal.

La date de remise du rapport finale de cette étude est prévue pour février 2021.