Au cours de la journée d’hier, une nouvelle construction a été érigée sur le campus de Trois-Rivières de l’UQTR. Il s’agit d’une grande tente traditionnelle autochtone, appelée shaputuan (mot de langue innue). Bâti à proximité de la galerie d’art R3 et de l’Espace Waska Otapi, ce shaputuan peut abriter une trentaine de personnes. Il accueillera prochainement plusieurs activités en lien avec les Premiers Peuples, dans le cadre du 93e congrès de l’Acfas, tenu à l’UQTR du 11 au 15 mai.

Le shaputuan installé sur le campus de Trois-Rivières de l’UQTR . (Photo : Isabelle Cardinal)
« Bâtir un shaputuan sur le campus faisait déjà partie de nos plans, et c’était aussi une demande de plusieurs étudiantes et étudiants autochtones. La réalisation de ce projet s’est accélérée avec la venue du congrès de l’Afcas à l’UQTR. Chez les Premières Nations, le shaputuan est un lieu de rassemblement, un milieu de vie bienveillant où chaque personne trouve sa place. C’est donc l’endroit tout indiqué pour accueillir les congressistes de l’Acfas, lors de plusieurs colloques liés aux réalités autochtones. Une fois le congrès terminé, ce shaputuan demeurera sur le campus jusqu’à l’automne. D’autres activités pourront éventuellement s’y tenir, au fil des mois », d’expliquer Samuel Rainville, directeur du Bureau des relations et à l’engagement auprès des Premiers Peuples de l’UQTR.

Au cours des prochains mois, ce shaputuan accueillera différentes activités tenues sur le campus de l’UQTR. (Photo : Isabelle Cardinal)
Un savoir-faire autochtone ancestral
Le shaputuan est une longue tente conique qui possède deux portes (une à chaque extrémité). De grande dimension (4,88 mètres sur 9,14 mètres), le shaputuan installé sur le campus de l’UQTR a été bâti à partir d’une structure de perches, ensuite recouverte d’une toile. L’installation a été effectuée par l’entreprise innue Tentes Ashini. Voyez ici une vidéo expliquant le montage d’un grand shaputuan, présentée par Serge Ashini Goupil :
Le shaputuan : au cœur du Plan stratégique autochtone de l’UQTR
En juin 2025, l’UQTR a lancé son Plan stratégique autochtone 2025-2027, intitulé Tisser des liens durables avec les Premiers Peuples. À l’intérieur de ce document, l’Université s’engage notamment à devenir un espace accueillant pour les Premiers Peuples, à l’image du lieu chaleureux et bienveillant qu’est le shaputuan. Ce dernier, qui se construit une perche à la fois, avec l’aide de chacun, est la vision qui sous-tend l’ensemble du Plan stratégique autochtone de l’UQTR.
Dans son récit d’ouverture présenté à l’intérieur du Plan, Jacques Newashish, Atikamekw et kice iriniw (Aîné) en résidence de l’UQTR, parle de l’importance et de la symbolique du shaputuan. Voici un extrait de ce récit d’ouverture (veuillez noter que dans le texte qui suit, c’est le mot capotowan – issu de la langue atikamekw nehirowimowin – qui est utilisé; il se prononce de la même façon que le mot shaputuan, de langue innue) :
Le capotowan a deux portes, on peut entrer d’un côté et sortir de l’autre et vice-versa. Le chemin emprunté n’a pas d’importance, l’important c’est le passage à l’intérieur du capotowan. Comme à l’Université, on sort du capotowan transformé, on en sort plus grand, plus fort et prêt à affronter les défis de la vie.
À l’intérieur du capotowan, il y a la famille, le feu, la chaleur, le bien-être. C’est un lieu de partage humain, culturel et social où la transmission intergénérationnelle des savoirs traditionnels est centrale. C’est un endroit d’échanges et de rencontres où l’on partage le repas et l’on discute peu importe son groupe, sa langue et sa culture. À l’image des perches, chaque personne est importante.
C’est ça bâtir un capotowan et je veux que l’UQTR soit le capotowan des étudiants autochtones le temps de leurs études. Un lieu où ils ont leur place, où ils sont importants, où ils peuvent vivre leur culture et parler leur langue avec fierté. Un refuge qui offre la chaleur du feu et le réconfort d’un repas.

L’intérieur du shaputuan. (Photo : Isabelle Cardinal)
« L’installation d’un shaputuan sur le campus est un moment de célébration pour le conseil Capotowan, le comité aviseur qui a mené la rédaction du Plan stratégique autochtone de l’UQTR. De plus, ce geste symbolise l’engagement de notre université à continuer de rendre visible l’héritage autochtone de nos territoires. Un merci particulier à toutes les personnes qui ont rendu cela possible », ajoute Samuel Rainville.
Les membres du conseil Capotowan qui ont contribué à la rédaction du Plan stratégique autochtone 2025-2027 de l’UQTR sont les suivants : Abeiller Aster, Véronique Basile Hébert, Anthony Caron, Dave Cleary, Françoise Descoteaux, Patrick Hamel, Émilie Hébert-Houle, Samylia Jean-Pierre-Awashish, Anne-Marie Leclerc, Vityanne Laloche, Marie-Josée Lauzière, Caroline Lechasseur, Gloria Malek, Sonia Marchand, Marie-France Milot, Jacques Newashish, Julie Rock et Samuel Rainville.

