À l’hiver 2022, l’UQTR se lance dans une grande expédition : revoir son modèle de gestion académique. Et on ne part pas en expédition sans raison ; on part d’une intention : Devenir une collectivité universitaire plus agile en vue de soutenir la réussite de tous ses membres.

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis le moment où la communauté universitaire s’est mise en marche pour entamer le projet de restructuration académique. Il convient de prendre un temps pour rappeler brièvement quelques éléments qui ont mené à vouloir réaliser ce grand changement organisationnel.
L’UQTR grandit, son modèle de gestion n’a pas suivi
Au cours des 15 dernières années, l’UQTR connaît une croissance remarquable. La population étudiante augmente, plusieurs nouveaux programmes apparaissent, les activités de recherche prennent de l’ampleur, et les partenariats se multiplient à l’échelle régionale, nationale et internationale.
Malgré cette évolution, le modèle de gestion académique est demeuré essentiellement le même depuis le début des années 2000. Des ressources ont certes été ajoutées pour accompagner la croissance, mais la structure elle-même – ses processus, ses mécanismes de décision, sa façon de relier l’académique et l’administratif – n’a pas évolué au même rythme.
Le résultat ? Une structure qui peine à soutenir pleinement le développement de l’UQTR : des processus décisionnels trop lourds, des rôles parfois flous, une transversalité difficile à atteindre, et des occasions de positionnement stratégique qui glissent entre les mailles. Les conséquences vécues par les membres de la communauté universitaire sont d’ailleurs amplement documentées ; notons par exemple des délais dans la prise de décision, ou encore une compréhension superficielle des besoins dû au manque de proximité avec le terrain.
Tout cela n’est pas un constat d’échec ; au contraire, c’est un constat de croissance. L’UQTR a dépassé son propre modèle.
De fait, le modèle fondé sur 27 départements appuyés par 2 vice-recteurs académiques et 3 doyens a atteint ses limites en matière de coordination, de soutien et de développement des disciplines et du parcours étudiant. Le choix de revoir la structure ne repose donc pas uniquement sur une volonté de transformation, mais sur la nécessité d’adapter l’organisation pour répondre aux défis contemporains.
Un diagnostic posé par la communauté
Ce qui fait la force de cette démarche, c’est qu’elle part du terrain. Dès le printemps 2022, une consultation des instances académiques et administratives permet d’identifier des enjeux liés à la gestion académique. Pour les valider et permettre à un maximum de personnes de s’exprimer, un sondage est administré à l’automne 2022, auquel répondent 650 personnes. Des groupes de discussion, tenus à l’automne 2022 et à l’hiver 2023, réunissent près de 125 participants pour documenter et préciser les enjeux identifiés précédemment.
La démarche se poursuit avec des ateliers de co-construction : 49 participants à l’automne 2023, puis 210 au printemps 2024. Ces ateliers font émerger deux modèles pour mieux répondre aux enjeux organisationnels de l’UQTR. En mai 2025, lors d’une grande consultation, 90 % de la communauté universitaire exprime son désir d’aller de l’avant avec un modèle de gestion par regroupements académiques de type facultaire.
Résultat de tout ce travail, le 16 juin 2025, le conseil d’administration donne le mandat à la direction de l’UQTR de mettre en place un modèle facultaire et crée le Vice-rectorat à la restructuration académique et à l’amélioration continue (VRRAAC).
Notre destination devient dès lors beaucoup plus concrète.
La restructuration académique : un investissement planifié
Cette décision de se lancer dans un changement organisationnel de grande ampleur s’appuie sur une situation financière saine. Au cours des dernières années, l’UQTR a maintenu l’équilibre budgétaire et généré des surplus, lui permettant de réinvestir dans la mise en œuvre de la restructuration académique sans compromettre ses activités courantes. De plus, un contexte démographique favorable dans les prochaines années – qui se constate déjà dans les cégeps et collèges de nos régions et se concrétise par la hausse des nouvelles inscriptions à l’UQTR – vient renforcer cette capacité d’investissement.
Le modèle facultaire proposé représente un investissement d’environ 3,5 M $ par année, soit un peu plus de 1 % du budget global. Il s’inscrit dans une planification financière prudente et fera l’objet d’un suivi rigoureux. La projection budgétaire considère notamment l’ajout de nouveaux postes dans les facultés (ex. : doyens et vice-doyens, directions administratives et personnels de soutien) et la transformation de postes existants (ex. : postes de doyens actuels).
Lorsque le modèle facultaire sera en place, l’UQTR se positionnera mieux pour saisir les besoins de chaque secteur, cibler les opportunités porteuses et être plus agile dans les décisions financières. Le retour sur investissement proviendra des gains d’efficacité que réalisera l’organisation et des actions visant à améliorer le soutien stratégique aux disciplines.
Consolider notre identité
Le modèle facultaire deviendra un levier structurel pour améliorer trois aspects concrets de notre vie universitaire.
La proximité. Il s’agit d’un des constats les plus partagés lors des consultations : les décisions sont trop souvent prises loin du terrain. Le modèle facultaire vise à rapprocher les lieux de décision de la réalité des disciplines et des étudiants. Dans ce contexte, la faculté devient un cadre de gestion de proximité, basé sur des interlocuteurs accessibles (doyen/doyenne, direction administrative) qui connaissent les enjeux du terrain et peuvent agir en conséquence.
L’agilité. Des processus administratifs plus légers, des rôles mieux définis, des chaînes d’approbation raccourcies : voilà ce que vise à terme l’implantation du modèle facultaire.
L’humain. L’UQTR compte sur une caractéristique qu’on nomme souvent sa « dimension humaine », qui se manifeste à travers une culture de collaboration, de collégialité et de concertation. Le modèle facultaire permettra de préserver et renforcer cette culture, entre autres, en mettant en place une gouvernance de proximité, en plaçant le parcours étudiant au cœur de la mission facultaire et en cultivant les liens qui font de l’UQTR une collectivité universitaire présente sur le territoire, en Mauricie, au Centre-du-Québec, dans Lanaudière, dans la Capitale-Nationale et en Montérégie.
Le fonctionnement facultaire et la composition des facultés
Les travaux menés par l’équipe de priorité, l’équipe de déploiement et les équipes de projet depuis septembre 2025 ont permis à la démarche de franchir une étape décisive dans les derniers mois : passer de la vision au concret. En mars 2026, le VRRAAC présente à la communauté universitaire une proposition détaillée sur le fonctionnement d’une faculté, notamment son mandat, sa structure de direction et ses mécanismes de gouvernance. Près de 350 personnes participent à ces séances, en présence ou en ligne, donnant lieu à des échanges riches sur le fonctionnement facultaire.
En avril, une deuxième vague de consultations permet d’aborder la composition des facultés. La tournée des assemblées départementales, les rencontres avec le personnel administratif des départements et les chargés de cours, ainsi qu’une présentation ouverte à toute la communauté permettent de recueillir suggestions, questions et préoccupations de tous les corps d’emploi. Les réflexions et les commentaires sont pris en compte de différentes façons dans la suite de la démarche, notamment par l’équipe de déploiement pour ajuster le scénario du fonctionnement facultaire.
La prochaine étape consiste à présenter la proposition sur le fonctionnement facultaire et sur la composition des facultés, d’abord à la communauté universitaire lors d’une Halte-info le 3 juin, et ensuite au conseil d’administration du 15 juin 2026. Quant à la proposition liée à la structure des vice‑rectorats académiques, celle-ci sera présentée à l’automne 2026 afin, notamment, de disposer du temps nécessaire pour présenter, expliquer et favoriser une compréhension partagée de la nouvelle structure organisationnelle par toute la communauté universitaire.
Depuis le début de la démarche, ce grand changement organisationnel s’effectue en accord avec les principes de collégialité, concertation et transparence. Et c’est ainsi que nous souhaitons poursuivre le chemin avec vous jusqu’à destination !
Pour plus d’information, visitez le site Web de la Restructuration académique.

